Cheveux naturels : un choix à assumer ?

Porter ses cheveux naturels, tels qu'ils étaient lorsque nous sommes venus au monde, semble tout à fait logique mais ce n'est pas le cas de la majorité des femmes d'origine afro-caribéenne, malgré l'engouement insufflé par le mouvement Nappy il y a quelques années. Encore faut-il avoir grandi avec ou les avoir suffisamment appréhendés afin de leur apporter tous les soins qu'ils méritent. 

Certaines ont recours aux postiches (tissages, extensions, perruques) pour des raisons qui les regardent (n'assumant pas leur vraie nature, cachant des désastres capillaires, par envie de changer de tête régulièrement, apporter du volume ou s'en servant comme coiffures protectrices, comme beaucoup de stars), d'autres les portent dénaturés par le défrisage ou autres lissages étrangers (japonais, brésilien ou coréen!) alors que d'autres encore assument pleinement l'état totalement naturel de leur chevelure. 
Les détracteurs évoqueront la superficialité ou la tromperie vis à vis des postiches, d'autres, le rejet d'une pseudo négritude ou soumission aux diktats de la beauté occidentale vis à vis du défrisage, ou encore un aspect primitif, sauvage ou peu présentable (on l'entend parfois) du cheveu naturel afro. 
Est-il normal de ne pas pouvoir porter un afro ou des locks dans certaines professions alors que c'est un état naturel? 

On se souvient aussi de ces paroles déplacées à l'encontre de Solange Knowles sur Tweeter : "Si tu balançais un bon défrisant sur ces cheveux, tu serais vraiment un belle femme"
ce à quoi la chanteuse avait crument répondu : "Et que dis-tu de fourrez ce pot de défrisant dans ta bouche d'ignorant?"
(Bien balancé!lol)

L'essentiel est d'assumer son choix (lorsqu'il y en a un) et d'en assumer pleinement les raisons.

Porter ses cheveux naturels ne devrait pas être assumé puisque c'est finalement normal. Pourtant une certaine fierté se dégage de celles qui reviennent au naturel après des années d'errances capillaire. Un retour popularisé par le mouvement Nappy, composé de ces femmes heureuses et fières de retrouver leur chevelure naturelle, via surtout le Big Chop qui consiste à couper ses longueurs chimiquement traitées et à repartir sur de nouvelles bases.
Je me suis beaucoup intéressée à ce mouvement, aux astuces et techniques véhiculées et je dois avouer que j'ai sérieusement considéré la question, voyant des proches sauter courageusement le pas.


Les stars dévoilent depuis quelque temps leur vraie chevelure : 
Angela Simmons a des cheveux aussi longs que ses tissages
Taraji P. Henson



Tyra Banks
Rihanna, la reine du changement capillaire

Beyoncé

Les miens sont défrisés et j'assume pleinement. Je suis une Hair Loveuse! J'adore mes cheveux depuis que je les connais mieux et les comprend, répondant à leur attente.
Ils sont dans cet état depuis...ben, en fait, depuis si longtemps que je ne me rappelle pas les avoir manipulé moi-même à l'état naturel! (oui, ça parait dingue!) Peut-être depuis le début du collège, il me semble que ma mère avait pris cette décision, probablement effrayée ou découragée devant cette épaisse et longue crinière crépue à dompter quotidiennement. 
Navrant? Preuve de faiblesse ou de lâcheté? Le fait est que, malgré des soucis, j'arbore fièrement ma chevelure, naturelle à mon sens, (les Nappy vont m’assassiner!lol) car je n'use pas de postiche ou autre artifice. Ils sont dénaturés, ok, mais pourquoi me blâmer pour quelque chose avec laquelle je vis depuis des années et que je maitrise complètement aujourd'hui? 

La fondatrice de Bellebene a cédé à la tentation du Big Chop une troisième fois et livre ici quelques conseils.
Big Chop n°3, cet été, pour Clarisse, fondatrice de Bellebene


Pourquoi ne pas retourner au naturel moi aussi?

Premièrement, j'ai pour habitude de ne pas céder aux effets de mode (enfin ça m'arrange quand je veux!). Je prend souvent du recul avant de me jeter sur quelque chose pour faire "comme les autres".
 
Ensuite, parce que je n'ai pas réellement besoin de repartir à zéro car mes cheveux n'ont pas de problème majeur dont la coupe serait LA solution, contrairement à il y quelques années.

Je ne ressens pas non plus un besoin ultime de retrouver la nature originale de mes cheveux, sous couvert de retour à mes origines. Je les ai pratiquement toujours connus défrisés après tout.
Et enfin surtout parce que je ne suis pas prête à retrouver cette nature capillaire qui n'est qu'un vaste souvenir surtout douloureux de mon enfance. Le crâne tiraillé de parts et d'autres par les coups de peignes incessants m'a davantage marqué que mes jolies longues couettes bien bombées!
Un jour certainement, lorsque je serai plus courageuse (oui, parce qu'il y a aussi un peu de lâcheté, faut le dire) et aurai plus de temps à consacrer... 
Aujourd'hui, je ne me sens juste pas prête à faire un tel geste, pour faire "comme les autres" et ensuite regretter, galérer ou même recourir, par faiblesse, au défrisage. Lâcheté, surement, mais assumée! lol

Néanmoins, je fais en sorte d'apporter tous les soins nécessaires aux cheveux de mes Minimois : Minimoi n°1 a des cheveux crépus assez épais, difficiles à démêler (elle a pris de mon côté) et Minimoi n°2,(a pris du côté de sa grand-mère paternelle qui a de beaux cheveux coulis) a les cheveux fins, ondulés et plus malléables (merci la génétique!) ; je fais en sorte qu'elles apprécient leurs chevelures, et toutes les possibilités qu'elles offrent, espérant qu'elles ne cèdent pas à quelque traitement chimique plus tard.

Michelle Obama
Bref, les raisons d'arborer un type de chevelure sont multiples et s'expliquent souvent par une histoire capillaire personnelle ou une prise de conscience. Soyons juste fières de ce que nous portons sur la tête.
"Facile, tu as de beaux cheveux, toi!", peut-on entendre parfois. Certes, nous ne partons pas toutes avec les même "chances". Et alors? Il en est de même pour notre couleur de peau ou notre propension à prendre ou perdre du poids : on fait avec parce qu'on est comme ça. On vit avec même si l’Etre Humain veut toujours ce qu'il n'a pas! Cependant des facteurs extérieurs tels que des désordres hormonaux, le stress, des carences ou des maladies peuvent avoir des effets sur la chevelure. N'hésitez pas alors à renforcer une alimentation équilibrée et à consulter pour d'éventuels compléments alimentaires ou conseils de professionnels.


Et nos hommes dans tout ça?
Notre apparence physique fait partie intégrante de nos relations sociales et surtout de nos relations amoureuses. 
Généralement, nos hommes préfèrent un look avec le moins d'artifices possible car ils n'aiment pas forcément "être" trompés. 
Oui, oui, lorsqu'on arbore une certaine coupe et que notre homme se rend compte que là-dessous se cachait tout autre chose, il y a tromperie!lol 

Et si votre mec vous avouait qu'il portait en fait une moumoute, ça vous ferai quoi?
Ceci dit, ils aiment surtout une femme "bien mise", et le maquillage et autres artifices savamment dosés aident pas mal...

MonsieurMonHomme trouve vraiment moche ces tissages et perruques grossièrement mal entretenues et n'est pas du tout fan d'artifices de ce genre...ce qui m'arrange car on est, là dessus, sur la même longueur d'onde!

Certains hommes ne se préoccupent pas vraiment de notre chevelure, d'autres y apportent beaucoup d'importance, à l'exemple du témoignage de cet homme vis à vis du Big Chop de sa femme. (Article original en anglais ici.)

Il rencontra sa femme alors qu'elle portait une jolie et longue chevelure défrisée, une femme avec de "beaux cheveux" comme la gente masculine de son entourage lui conseillait depuis des années. Cette jolie crinière "était la cerise sur le gâteau".
Sa femme à leur rencontre
Quelques années après leur rencontre, il se senti pris de panique et apeuré lorsque sa femme déclara : "je pense que je vais retourner au naturel". Il ne savait pas ce qu'un homme devait faire quand il était sur le point de se séparer de sa "cerise sur le gâteau", de ce petit plus, alors qu'il admirait ces cheveux naturels sur les femmes de son entourage, dont même sa mère faisait parti. Mais ça ne semblait pas naturel pour SA femme. Il ne comprenait pas son envie.
Puis il commença à se documenter sur le sujet pour se rendre compte finalement que savoir pourquoi sa femme entreprenait cette démarche n'était pas le réel problème, mais plutôt "pourquoi, moi, je voulais l'empêcher de le faire?"
La raison : l'insécurité. Il avait peur qu'elle coupe ses cheveux, qu'elle change d'apparence, ce qui cachait plus profondément une atteinte à sa propre virilité. Inconsciemment, si sa femme n'avait plus de longs cheveux, ils serait lui-même en quelques sortes diminué en tant qu'homme. 
Il explique également avoir été aveuglé par les valeurs et standards de la beauté occidentale, oubliant la beauté de la femme noire qui a ses propres critères, une beauté différente de celle servie par les médias.
Aujourd'hui, il est heureux du chemin parcouru par sa femme. 
Aujourd'hui, quatre ans après.
Sa quête de redécouverte d'elle-même a également été un tournant de sa vie car il a pu se découvrir à travers ce processus. "Désormais, je ne vois pas ma femme autrement qu'avec ses cheveux naturels".



Personnellement, je trouve que peu d'hommes s'expriment sur le sujet et ça serait intéressant d'ouvrir le débat sur ce qu'évoque la chevelure (naturelle ou pas) d'une femme et qu'elle importance un homme y apporte. Est-ce rédhibitoire pour certains? Un gage de féminité indispensable? La couleur, la texture ou la longueur influent-elles?

Future (dont j'adore la coupe) et Ciara

Je trouve personnellement dommage que trop de femmes utilisent perruques et postiches de manière trop grossière , sans même chercher à leur conférer un aspect un tantinet "naturel", mais ce n'est que mon avis... (je ne veux vexer personne mais avouer qu'un tissage mal entretenu, ben ça craint!) Ce sont ces mêmes femmes, après tout, qui "zieutent" ma tête parfois, se demandant très probablement si c'est un lace-wig, un tissage ou mes vrais cheveux! lol




Janelle Monae, chanteuse talentueuse également célèbre pour sa coiffure
Si on n’entretient pas un tissage ou perruque, peut-on supposer qu'il en est de même, voir pire pour les cheveux qui se cachent en dessous? (simple question!)
Yaya Dacosta, mannequin révélée dans America's Next Top Model de Tyra Banks en 2004. Également actrice, actuellement dans Le Majordome

Les Big Chop existaient avant la vague Nappy et se poursuivront encore, nos cheveux nous permettent beaucoup de possibilités (que d'autres n'ont pas) à une époque où beaucoup d'accessoires et techniques sont accessibles. 
Les bonnes informations (et il y en a beaucoup) sur le cheveu afro font seulement surface, sur le net et au travers de conférences ou salons dédiés, depuis peu. Les moyens de communications modernes permettent de les véhiculer plus aisément, contrairement à l'époque où nos propres mères en auraient certainement eu besoin...


Chrisette Michelle, qui arborait de jolies Box Braids dans son dernier vidéo-clip

Ne subissons pas ce que les standards de la société imposent et soyons en paix avec nos choix, notre état, avec qui nous sommes, en toute honnêteté. Et tâchons de le transmettre aux plus jeunes, à l'exemple de My Black is Beautiful, qui œuvre auprès des jeunes filles américaines.




Et vous, qu'en pensez vous? Des anecdotes vis à vis de vos choix capillaires? Messieurs, quelle importance pour vous? Des situations désobligeantes dans le monde professionnel?





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